Bordeaux

Meilleurs millésimes de Saint-Émilion

Rédaction Clos45Mis à jour le 6 min de lecture

En brefSelon Wine Spectator, les meilleurs millésimes récents de Saint-Émilion sont 2010 (98/100), puis 2005, 2015 et 2022 (97), et 2009 (96). iDealwine place 2005, 2010 et 2022 à 19/20 pour les rouges de Bordeaux. 2005 et 2009 peuvent s'ouvrir ; 2010, 2015 et 2022 sont des années à garder.

Quelles sont les plus grandes années de Saint-Émilion ?

Wine Spectator note chaque année la rive droite de Bordeaux (Saint-Émilion et Pomerol réunis) sur 100. Son échelle range les notes de 95 à 100 parmi les millésimes « classiques », de 90 à 94 parmi les « remarquables », de 85 à 89 parmi les « très bons »1. Sur la période 2005-2023, cinq années atteignent le premier palier :

  • 2010 (98/100), année sèche sans excès de chaleur, qui a donné des vins puissants ;
  • 2005, 2015 et 2022 (97/100 chacune) ;
  • 2009 (96/100), riche et puissante mais ronde.

iDealwine, qui note les rouges de Bordeaux sur 20 sans distinguer les deux rives, aboutit à un podium voisin : 19/20 pour 2005, 2010 et 2022, puis 18/20 pour 2009, 2015 et 20162. Les deux sources se rejoignent donc sur l'essentiel, même si leurs échelles ne se comparent pas point à point.

Juste derrière viennent des millésimes que le classement par note sous-estime parfois : 2016 et 2018 (94/100), 2017 (93), 2019 et 2020 (92).

Quelle année boire maintenant, laquelle garder ?

La recommandation de Wine Spectator pour la rive droite distingue quatre cas1 :

  • À boire : 2021, 2012, 2011, 2008, 2007 et 2006.
  • À boire ou à garder : 2023, 2017, 2016, 2014, 2009 et 2005.
  • À garder : 2022, 2020, 2019, 2018, 2015 et 2010.
  • Passé : 2013.

Cette lecture vaut pour un millésime en général. Elle ne dit rien de votre bouteille : un cru classé de plateau s'ouvre plus tard qu'un simple Saint-Émilion de la même année. Pour des durées de garde par rang et par terroir, reportez-vous au guide Quand boire un Saint-Émilion.

Quels sont les millésimes difficiles à Saint-Émilion ?

Wine Spectator donne sa note la plus basse à 2021 (84/100), qualifié de millésime le plus hétérogène depuis une génération : une récolte réduite par le gel et un mois de juin très pluvieux1. 2013 et 2007 suivent à 86/100 et reçoivent aussi les notes les plus basses chez iDealwine (14/20)12.

Difficile ne veut pas dire raté. En 2013, les meilleures parcelles de calcaire et de graves ont mieux supporté les pluies tardives ; en 2008, le merlot précoce a rattrapé son retard grâce au temps de fin septembre1. Ces années-là, l'adresse compte plus que l'étiquette de millésime.

Que retenir de chaque année, de 2005 à 2023 ?

Les commentaires de Wine Spectator pour la rive droite1, en une ligne chacun :

  • 2023 : des vins soyeux et parfumés, qui ne sont pas faits pour la très longue garde.
  • 2022 : une saison très chaude et sèche, avec juste les pluies nécessaires en juin et en août.
  • 2021 : gel, juin pluvieux, grande hétérogénéité.
  • 2020 : une saison imparfaite, avec une forte pression du mildiou après un printemps pluvieux.
  • 2019 : chaleur et sécheresse favorables aux sols frais ; le calcaire de Saint-Émilion et l'argile de Pomerol ont donné de superbes vins.
  • 2018 : première moitié pluvieuse, seconde moitié sèche qui avantage argile et calcaire, mais des vins plus inégaux.
  • 2017 : saison chaude et sèche, mais un gel de printemps qui a durement touché les zones basses de Saint-Émilion et des satellites.
  • 2016 : départ pluvieux, fin sèche ; l'argile a le mieux passé la sécheresse, le calcaire aussi.
  • 2015 : saison très chaude et sèche, favorable aux argiles et aux calcaires ; Saint-Émilion y tient le haut du pavé.
  • 2014 : bon printemps, puis un été gris et humide.
  • 2013 : merlot souple et avancé ; calcaire et graves ont mieux résisté.
  • 2012 : merlot précoce favorisé, l'argile retenant l'eau pendant la sécheresse d'août.
  • 2011 : le cabernet franc de Saint-Émilion a excellé et soutenu le merlot.
  • 2010 : puissance, avec un cabernet franc réussi.
  • 2009 : riche et ronde, Pomerol brillant davantage et Saint-Émilion plus variable.
  • 2008 : saison difficile, sauvée par la fin septembre.
  • 2007 : aromatique et légèrement fruité, tanins fins, quelques vins sur-extraits.
  • 2006 : balancés dans les meilleurs vignobles, un peu austères ailleurs.
  • 2005 : opulent et puissant, avec une solide charpente de tanins et d'acidité.

2015 ou 2016 : lequel choisir ?

Les deux sont de grandes années, mais pas du même genre. Wine Spectator donne 97/100 et « à garder » à 2015, 94/100 et « à boire ou à garder » à 2016 ; iDealwine les met à égalité à 18/2012. En clair : 2015 est plus chaud, plus riche et demande plus de patience, 2016 s'ouvre plus tôt. Selon vos goûts, préférez la générosité de l'un ou la fraîcheur de l'autre.

Terroir ou millésime : qu'est-ce qui compte le plus ?

Les deux, et c'est ce qui rend les tableaux trompeurs. Decanter décrit un plateau de calcaire à astéries dont la roche poreuse régule l'eau : excès absorbé les années de pluie, restitué les années sèches. Les meilleurs vins de ce plateau demandent sept à huit ans en bouteille et peuvent dépasser 30 ans. Les côtes, mêlant argile et calcaire, retiennent bien l'eau et donnent des vins plus tanniques, eux aussi de longue garde. À l'inverse, les anciens sables donnent des vins qui vieillissent vite, et les pieds de côte au nord-est ne donnent des vins fermes qu'en année chaude et sèche, durs en année difficile3.

Les commentaires de millésime recoupent cette géographie : argile et calcaire en vedette en 2015, 2016, 2018 et 2019, gel sur les zones basses en 2017. Une année « moyenne » peut donc réussir sur un bon terroir, et une grande année laisser des vins plus simples en plaine. Pour comparer avec l'appellation voisine, voyez Pomerol, sans calcaire, où les mêmes années jouent différemment.

Comment lire les notes /100 et /20 ?

  • La note sur 100 (Wine Spectator) vise ici la rive droite : elle moyenne Saint-Émilion et Pomerol, pas Saint-Émilion seul.
  • La note sur 20 (iDealwine) concerne l'ensemble des rouges de Bordeaux, rive gauche comprise. Elle sert de repère général, pas de verdict sur l'appellation.
  • Le verdict de garde (à boire, à garder, passé) vise un vin type. Il ne remplace ni le rang du château, ni le terroir.

Deux notes proches n'ont donc pas à être lues comme un classement strict : un point d'écart sur 100 ne dit rien d'utile.

Où est le « tableau Parker » des millésimes de Saint-Émilion ?

Pour recouper, vous pouvez ouvrir les tableaux de Wine Spectator et d'iDealwine cités plus haut, puis les articles de Decanter, de la Revue du vin de France et de Terre de Vins sur les millésimes qui vous intéressent. La fiche Saint-Émilion présente l'appellation, ses classements et ses grands domaines ; pour le reste de la région, parcourez toutes les appellations de Bordeaux.

Un dernier repère : le classement de 2022 compte 2 premiers grands crus classés A, 12 classés B et 71 grands crus classés4. Le rang du château pèse autant que l'année dans le choix d'une bouteille.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure année pour Saint-Émilion ?

Parmi les millésimes 2005-2023, Wine Spectator donne la meilleure note à 2010 (98/100), devant 2005, 2015 et 2022 (97/100). iDealwine met 2005, 2010 et 2022 à 19/20 pour les rouges de Bordeaux. Aucune année ne fait l'unanimité sur tous les terroirs.

Quel millésime de Saint-Émilion boire maintenant ?

Selon Wine Spectator, 2005, 2009, 2016, 2014 et 2017 sont à boire ou à garder, et 2006, 2008, 2011 et 2012 sont à boire. 2010, 2015, 2018, 2019, 2020 et 2022 demandent encore du temps, surtout pour les crus classés.

2015 ou 2016 pour Saint-Émilion ?

2015 est le plus noté (97/100 contre 94/100 chez Wine Spectator, 18/20 pour les deux chez iDealwine). C'est une année chaude et riche, à garder, alors que 2016 est jugé à boire ou à garder et plus accessible.

Quelles sont les mauvaises années à Saint-Émilion ?

Sur 2005-2023, Wine Spectator donne ses notes les plus basses à 2021 (84/100), 2013 et 2007 (86/100) ; iDealwine à 2013 et 2007 (14/20). Les meilleures parcelles y ont tout de même produit de bons vins.

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Sources

  1. Wine Spectator, Bordeaux Right Bank Reds (Pomerol, St.-Emilion) Vintage Chart, millésimes 2005-2023
  2. iDealwine, Tableau de notation des millésimes 2005-2023
  3. Decanter, St Emilion: True grit (terroirs et potentiel de garde, mis à jour en 2020)
  4. Decanter, St-Emilion 2022 classification promotes Château Figeac to Premier Grand Cru Classé A (8 septembre 2022)

Publié le 12 octobre 2026. Les durées de garde sont indicatives : chaque cuvée et chaque cave évoluent différemment.

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